Oméga 3 et maladies coronariennes

L’un des défauts de l’alimentation moderne réside dans la consommation d’une part toujours croissante de lipides (ou acides gras), conjuguée à une sédentarité qui mène au développement de l’obésité. Les oméga 3 sont des acides gras essentiels, c’est-à-dire que le corps ne peut les fabriquer. Ils doivent être apportés quotidiennement par l’extérieur. Bien que l’organisme ait besoin de différentes formes d’acides gras (oméga 3 et oméga 6 notamment), ce sont les oméga 3 qui jouent un rôle important pour la santé. Depuis plus de 30 ans, de nombreuses études ont démontré l’action préventive des oméga 3 dans l’apparition de maladies coronariennes chez les sujets bien portants mais également des récidives chez les personnes déjà atteintes.

Les maladies coronariennes sont provoquées notamment par l'athérosclérose, un processus à long terme qui vient boucher les artères coronaires. Au cours de la vie, les graisses excédentaires se déposent sur les parois des artères et vaisseaux, gênant ainsi les échanges sanguins vers le muscle cardiaque. Finalement, les artères coronaires deviennent si étroites que le flux de sang vers le cœur est diminué ou facilement bloqué par une amas de graisse ou un caillot de sang. Cette situation peut induire l’apparition de douleurs thoraciques, et provoquer une crise cardiaque.

L'athérosclérose débute lorsque la paroi interne d'une artère est endommagée par des niveaux élevés de cholestérol et de triglycérides, une autre forme de graisse dans le sang, et par l'inflammation. Une alimentation riche en graisses, en particulier en graisses saturées, augmente le cholestérol et les triglycérides. Les lésions coronariennes peuvent également être causées par une pression artérielle élevée (hypertension artérielle), le tabagisme ou le diabète. Pour aider à prévenir les maladies cardiaques, il est primordial de conserver un taux de cholestérol et de triglycérides inférieur aux niveaux recommandés, soit un taux de cholestérol total et un taux de triglycérides respectivement inférieurs à 2 g/litre.

Oméga-3 : un réel bénéfice santé
Pour réduire les taux de cholestérol et de triglycérides, il est souvent nécessaire de contrôler son poids, de pratiquer une activité physique régulière (au minimum 3 fois par semaine) et d’adopter une alimentation riche en vitamines, minéraux, fibres, et en acides gras oméga-3.
Il existe plusieurs sortes d’oméga 3 (ALA, EPA, DHA), qui ont chacun leur spécialisation. L’EPA et le DHA sont aussi appelés oméga-3 marins parce qu'ils se trouvent dans les poissons gras comme le maquereau, le hareng, les sardines, le thon germon, le saumon, etc. Ils sont également accessibles via la prise de compléments alimentaires à base d'huiles de poisson. Une autre source d'EPA et de DHA est l'acide alpha-linolénique (ALA), que l’on trouve dans les huiles de soja, de colza et de lin, dans les noix et autres fruits à coque, etc. Attention, avec le temps, les capacités de synthèse de l'acide alpha-linolénique en EPA et DHA diminuent. Il est donc important que l’alimentation apporte les trois sortes d’acides gras oméga 3.

Les acides gras oméga-3 aident à réduire le risque de maladies coronariennes par différents biais :

  • Ils diminuent le risque d'arythmie, qui peut conduire à la mort subite d'origine cardiaque.
  • Ils influent sur le taux de triglycérides (en fonction des quantités d'oméga-3 que vous consommez).
  • Ils agissent contre le développement de la plaque d’athérome qui obstrue les vaisseaux sanguins.
  • Ils peuvent abaisser légèrement la pression artérielle (selon la quantité d'oméga-3 consommée).
  • Ils aident à prévenir l'inflammation des vaisseaux sanguins et la formation de caillots sanguins.


Pour satisfaire leurs besoins, les personnes en bonne santé et qui n'ont pas de maladie cardiaque doivent consommer des oméga 3 d’origine marine (en mangeant des poissons gras sauvage ou issu d'un élevage labelisé bio, 1 à 2 fois par semaine) et des oméga 3 d’origine végétale, riches en acide alpha-linolénique (huiles de lin, de colza, de soja, noix etc.). Il est recommandé de compléter cet apport en prenant un complément alimentaire (en veillant à l'origine des huiles de poisson utilisées) qui combine EPA et DHA (environ 0,8 à 1 g par jour).
Les personnes atteintes de maladies coronariennes doivent augmenter encore plus leur apport en adoptant une régime alimentaire de type méditerranéen et en se supplémentant à des doses supérieures afin d’atteindre un apport quotidien global de 2 à 4 grammes par jour.